19 avril 2008
A1 - Vive la mariée
Il suffit parfois d'un mot pour changer une vie.
Hier après-midi, j'ai dit "Non". Non à l'homme qui voulait m'épouser, à la vie que ma famille avait choisie pour moi, à l'itinéraire tout tracé d'une enfant gâtée.
Devant un parterre de plus de 300 personnes, j'ai dit non. Trois fois. Au fils du meilleur ami de mon père. Qu'on voulait que j'épouse parce qu'il est un riche héritier et que j'étais une riche héritière.
Plusieurs fois, pourtant, j'avais fait état de mon refus à mon père. Il n'en avait pas tenu compte et avait cherché à me convaincre par tous les arguments possibles et imaginables. Alors je n'ai pas eu le choix. J'ai attendu le jour J, j'ai attendu de pouvoir dire non devant toute ma famille, tous les invités, un non sonore et sûr de lui, un non sur lequel on ne revient pas et que 300 témoins ont entendu.
Cette fois-ci, mon père a bien été obligé de l'entendre lui aussi, ce non.
Une demie-heure plus tard, on m'a extirpé des toilettes, où j'avais trouvé refuge, et amené devant un taxi. Mon père m'y a poussé de force avec un air tellement dément que je n'ai pas osé protester. Il ne m'a pas adressé un seul mot, ne m'a même pas regardé, et a claqué la porte avec une telle violence que la voiture a vacillé.
Puis le taxi a démarré et je n'ai pas tardé à m'endormir tellement j'étais épuisée nerveusement. Quand je me suis réveillée, un camion de déménagement était en train de décharger quelques meubles affreux devant une immense pelouse. C'était l'aube. J'étais stupéfaite. Le conducteur s'est tourné vers moi.
- Nous sommes arrivés, M'ame.
- Pardon ?
- J'ai dit que nous étions arrivés. Vous pouvez descendre.
- Mais il est hors de question que je descende ! Il n'y a rien ici ! Ramenez-moi chez moi immédiatement, s'il vous plaît.
- Justement M'ame. C'est ici, chez vous, maintenant.
Je n'ai pas cherché à discuter davantage. Et me voilà maintenant devant une prairie verte et quelques meubles. Chez moi.
- Miaowwwwwww !
- Osiris ! Tu es là toi aussi !
- Miaowwwww...
- Ne t'inquiète pas. On va trouver une solution. On va trouver une solution...
Pauvre petit père habitué aux canapés en velours et aux gamelles pleines. Je ne sais pas comment on va s'en sortir tous les deux, mais je suis contente qu'Osiris soit avec moi. On se tiendra compagnie mutuellement.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée debout, immobile, à contempler le paysage d'un œil distrait pendant que l'inquiétude et l'angoisse montaient en moi. Je ne sais pas quoi faire, je me sens impuissante. Que signifie tout cela ? Quelle sera la prochaine étape ? Y aura-t-il une prochaine étape ? Qu'est-ce que je suis sensée faire ici ? Il y a bien mon nom sur la boîte aux lettres, mais il n'y a pas de maison, même pas de bungalow, rien que de l'herbe à perte de vue !
- M'amzelle de Quitania ?
Un jeune garçon a fini par me tirer de ma rêverie. Je me suis approchée de lui, l'espoir et l'angoisse me prenant tous les deux à la gorge.
- M'amzelle de Quitania ?
- Oui, je suis Aliénor de Quitania. Et vous ?
- J'm'appelle Elliott, M'amzelle, et j'ai du courrier pour vous. Une lettre de M. de Quitania.
GrandSim, c'est mon père qui m'écrit ! Mais pourquoi ? Pourquoi ?
- Si vous voulez bien signer ici, M'amzelle de Quitania... Merci, et bonne journée, M'amzelle. Heuuuu... jolie robe, au fait.
- Merci et au revoir, Elliott.
J'ai déchiré l'enveloppe. Elle contenait le titre de propriété du "terrain sis au 5, impasse Ible", qui était à mon nom, 115 simflouz en liquide et un petit mot rédigé par mon père dont voici la teneur :
" A l'attention de la propriétaire du terrain sis au 5, impasse Ible
Mademoiselle,
Cette lettre sera la dernière que vous recevrez de ma part.
Vous ne faites plus partie de la famille. Je vous renie, vous et votre éventuelle descendance.
Votre héritage se compose d'un terrain d'une valeur de 18500 simflouz, des 115 simflouz qui restaient dans votre portefeuille, et de quelques vieux meubles dont même les domestiques ne veulent plus.
Vous n'avez plus l'autorisation de mettre les pieds sur mes propriétés ni de dépenser ma fortune, ni vous, ni vos éventuels descendants.
Vous n'avez aucun recours contre ces décisions.
Veuillez agréer, Mademoiselle, mes adieux distingués,
M. de Quitania "
J'ai lu et relu la lettre jusqu'à la connaître par coeur.
- Finalement, sa décision ne m'étonne pas. Il a horreur qu'on s'oppose à lui, et moi je l'ai humilié devant 300 personnes, tu te rends compte, Osiris ? 300 personnes !
- Miaow ?
- Et maintenant il me renie ! Je suis pauvre ! J'ai un terrain "sis au 5, impasse Ible", mais pas de maison ! Quelle aventure palpitante, non ?
J'ai parlé à Osiris pendant une bonne dizaine de minutes avant de m'apercevoir qu'en essayant de le rassurer lui, c'est moi que je tentais d'apaiser.
Changer de robe, vite, vite, avant que je ne devienne complètement dingue. C'est un cauchemar, un mauvais rêve... Hé mais il n'y a rien là-dedans ! Au secours ! Je vais être obligée de me balader en tenue de mariée pour aller chercher de nouvelles fringues... mais avec quel argent ? Je n'ai même pas de quoi m'acheter une paire de chaussettes avec 115 simflouz !
Ouf ! J'ai fini par trouver un veille robe cachée au fond d'un tiroir. Elle n'est plus à la mode depuis des années, mais je préfère n'importe quoi à cette robe blanche de cauchemar. Allez, courage ma fille, c'est pas la fin du monde, tu es jeune, jolie, célibataire, tu as la vie devant toi, haut les cœurs, l'avenir t'appartient.
Commentaires
L'adresse est terrible ! :D
Bon, je continue ma lecture ...
Tres bon début !! =D (Moi et ma passion pour les Legacy ^^)
Allez, je lis la suite.
Comme c'est amené de manière originale, Mini-Weem !
Le début me plait beaucoup !! je continue :)
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